Les métiers de la fibre ont le vent en poupe

Les métiers de la fibre ont le vent en poupe

Publié le 15 mars 2019

Le lancement du Plan France Très Haut Débit, initié par le gouvernement au printemps 2013, a entrainé dans son sillage d’importants besoins en termes de formation et de recrutement chez les acteurs de la chaine de déploiement de la fibre jusqu’à l’abonné (FttH). Visant à couvrir 100% du territoire en Très Haut Débit d’ici à 2022, ce plan favorise, en effet, l’essor d’une filière toute entière. Mais pour être pleinement visible et satisfaire ses besoins en ressources humaines, celle-ci œuvre en faveur de l’attractivité des métiers de la fibre, dont les effectifs sont appelés à doubler d’ici 2022 et où les possibilités d’évolution sont nombreuses.

Indispensables à la progression des travaux de déploiement de la fibre optique partout en France, les besoins croissants en matière de formation et de recrutement concernent l’ensemble de la chaine d’intervention : depuis la conception, en passant par la réalisation, jusqu’à l’exploitation des réseaux Très Haut Débit (THD).

Ambitionnant de dynamiser l’attractivité de ces métiers, en ce début d’année 2019, le collectif Objectif Fibre a non seulement rafraîchi sa plateforme de travail collaboratif créé en 2009, mais l’a également enrichi de plusieurs supports d’information à destination de ses différents publics. Le collectif rassemble les organisations professionnelles représentatives du secteur (FFIE, FFTélécoms, FIEEC, Infranum, SERCE) également signataires de l’EDEC (accord-cadre national d’Engagement pour le Développement de l’Emploi et des Compétences).

Fruit d’une réflexion entre acteurs privés et partenaires publics, la nouvelle version de la plateforme appuie ainsi la visibilité et l’engagement d’une filière innovante, dans laquelle certains leaders en France sont également des acteurs économiques prépondérants, à l’échelle mondiale. Des entreprises, gourmandes en ressources humaines, pour qui le renforcement des pôles industriels d’excellence « made in France », le développement de l’attractivité des métiers de ce milieu d’avenir, et le partage des bonnes pratiques, sont des enjeux de premier ordre.

Objectif fibre : plus de 22 000 emplois à pourvoir d’ici 2022

Réalisée à l’initiative des membres du collectif Objectif Fibre, en partenariat avec le Ministère du Travail et l’Agence du numérique, la dernière mise à jour de l’étude conduite en 2013 et portant sur les besoins en emplois, compétences et formations, liés au déploiement de la fibre optique, préconise 6 400 nouveaux recrutements rien que pour 2019.

Selon la plateforme, la filière devrait, en effet, mobiliser 12 000 emplois d’ici 2021 et pas moins de 22 000 emplois à l’horizon 2022. Ce qui en fait le plus important pourvoyeur de nouveaux emplois à l’échelle nationale.

Aussi, afin de répondre aux besoins en ressources humaines du secteur et ainsi mener à bien le chantier du THD en France, les membres du collectif Objectif Fibre ont conçu une cartographie des métiers de la fibre. En témoignent les 26 fiches métiers, détaillant chacun d’eux, venues compléter la plateforme. Des références d’autant plus appropriées au vu des objectifs poursuivis, dans le cadre du Plan France Très Haut Débit (PFTHD).

Les métiers du déploiement

Chacune de ces fiches métiers met en lumière des points clés comme : la description de l’activité, les prérequis nécessaires en termes de formations et de compétences, les missions inhérentes à la fonction mais également les perspectives d’évolution envisageables.

Au total, une quinzaine de métiers serait confrontée à un manque de main d’œuvre. Parmi eux, deux métiers phares : dessinateur-projeteur et monteur-raccordeur, intervenant respectivement pendant la phase d’étude et au démarrage de la phase de travaux.

Le dessinateur-projeteur intervient durant la phase d’étude. Subordonné au Responsable Bureau d’Etudes Fibre optique, il dimensionne le réseau et réalise les plans associés, en fonction du cahier des charges client, qu’il modifie en fonction des informations transmises par les équipes présentes sur le terrain.

Une fois les phases d’études et de négociation achevées, démarre la phase de travaux à laquelle participent le monteur-raccordeur. Chargé de la réalisation des soudures, permettant de raccorder les équipements et de s’assurer de leur conformité à l’aide d’un réflectomètre. Le monteur-raccordeur a pour mission d’établir le cahier de recettes, qui rassemble ce que l’on appelle des fiches de tests. Ces fiches décrivent précisément le mode opératoire des tests à mener, visant à garantir la fiabilité du réseau. Ce plan d’action détaillé clarifie l’ensemble du projet sur le terrain. De plus amples informations sur les métiers de la fibre ici.

La formation : clé d’accès aux compétences vers l’employabilité durable

La plateforme recense également plusieurs dizaines de centres de formation partout sur le territoire, labellisés par le collectif Objectif Fibre, pour la qualité de leur offre de formation, mais avant tout pour la qualité de leur plateau technique, indispensable à la maitrise de compétences sur le terrain.

La Région Grand-Est totalise 3 établissements labellisés : les centres Afpa (Agence nationale pour  la Formation Professionnelle des Adultes) de Golbey-Epinal (Vosges) et de Strasbourg (Bas-Rhin) ainsi que le centre Alméa de Vatry (Marne), qui ont d’ores et déjà contribué à la formation de 350 personnes chaque année depuis le lancement des formations certifiantes.
Dans la région, pas moins de 1 805 postes seront à pourvoir d’ici à 2021, et déjà 500 en 2019. Avec pour objectif d’anticiper les besoins en main d’œuvre du secteur, l’Afpa propose des formations couvrant tout le spectre d’activités caractéristiques de la chaine de déploiement. Conformément au cahier des charges de la filière, l’organisme s’est doté de plateaux techniques permettant d’évaluer les formés en conditions quasi réelles, lors des ateliers. La pose de la fibre, dont le diamètre n’excède pas 9 microns (soit 0.009 millimètres), exige en effet beaucoup de minutie, bien qu’elle soit plus résistante que le cuivre une fois posée.

L’Afpa a également adapté ses outils de formation (plateaux techniques) et ses cursus pédagogiques aux besoins des entreprises. Un choix cohérent, en vertu de l’ambition poursuivie par cette dernière : celle de former des salariés comme des demandeurs d’emplois sur des parcours longs afin de faciliter la disponibilité des compétences qui font actuellement défaut à ces entreprises. Proposés par un grand nombre d’organismes à l’instar de l’Afpa, ces cursus préparent les candidats aux titres professionnels inscrits au Registre National des Certifications Professionnelles (RNCP) suivantes : Installateur(trice) de réseaux câblés de communication et Technicien(ne) de réseaux câblés de communication. Il y est également possible de se former au métier de Monteur(se) Raccordeur(se), en validant un Certificat de Qualification Professionnel (CQP).

L’organisme ouvrira d’ailleurs les portes de ses différents centres, le jeudi 21 mars 2019, de 9h à 12h et de 14h à 16h. L’occasion de découvrir un secteur d’avenir dans lequel les possibilités d’évolution sont nombreuses.Obtenir plus d’informations.

Tout comme l’Afpa, Alméa Formations Interpro surfe sur la vague des technologies émergentes et offre à ses formés la possibilité de tester leurs capacités. En effet, l’organisme compte parmi ses centres de formation, un site labellisé « Objectif Fibre » : celui de Vatry dans la Marne. Un plateau technique de formation, dédié à l’installation et à la maintenance des réseaux cuivre et fibre optique, permettant de réaliser les travaux pratiques en condition réelle de terrain, en intérieur comme en extérieur.

A l’image de nombreux organismes, Alméa Fc propose des cursus pragmatiques et innovants, en phase avec les besoins opérationnels des acteurs du déploiement. L’organisme a, en effet, élargi son offre de formation aux titres professionnels concernant les activités de Câbleur(se) Raccordeur(se) Réseaux Fibre Optique et FTTH (Niveau V), Technicien(ne) de Réseaux et Services Très Haut Débit (Niveau IV), Technicien(ne) de Bureau d’études Réseaux Numériques (Niveau III), Installateur(trice) de réseaux câblés de communications (Niveau V) et Technicien(ne) de réseaux câblés de communications (Niveau IV) référencés au RNCP.

A noter que tous les centres que compte l’organisme dans le Grand-Est (Charleville-Mézières, Châlons-en-Champagne, Vatry, Pont-Sainte-Marie, Chaumont et Saint-Dizier) ouvriront leurs portes, samedi 16 mars 2019 de 10h à 17h. Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page de l’événement.

Sachez également que les lycées Loritz (Nancy) et Poincarré (Bar-le-Duc) proposent aussi des offres de formation ouvertes aux étudiants souhaitant entrer dans cette filière.

De même, les Chambres du Commerce et de l’Industrie (CCI) du territoire dispensent des formations dans le secteur de la fibre optique.

L’opportunité de découvrir les différentes solutions proposées pour se reconvertir ou bien préparer une entrée en apprentissage et qui sait, embrasser un nouveau métier !

 

Adeline M.