Le premier radiateur numérique : une fusion révolutionnaire entre un radiateur électrique et un serveur de calcul

Le premier radiateur numérique : une fusion révolutionnaire entre un radiateur électrique et un serveur de calcul

Publié le 16 juillet 2019

La consommation d’énergie, notamment électrique ne cesse d’augmenter au sein des foyers et des entreprises et le développement de l’Internet des objets (objets connectés, domotique, …) n’est pas sans conséquence sur cette continuelle hausse.

Face aux enjeux environnementaux actuels, des solutions doivent être trouvées. Dans cet article, nous en avons une révolutionnaire, grâce à la fibre optique, à vous faire découvrir.

L’entreprise française Qarnot a entrepris de métamorphoser le radiateur électrique classique en un serveur de calcul d’une grande puissance, capable de recycler sa propre chaleur et ainsi de chauffer gratuitement la pièce dans laquelle il est implanté. Pari réussi pour cette startup parisienne dont la solution, désormais reconnue, permet de lutter efficacement contre la consommation énergétique des logements et de ce fait contre le changement climatique.

Respectueux de l’environnement, ce radiateur revêt de nombreux atouts qui sauront vous étonner à bien des égards, mais pour qui voudra en faire usage, une connexion Internet Très Haut Débit (THD) par fibre optique sera indispensable !Si notre société se veut de plus en plus connectée, le volume d’échange de données que cela implique nécessite l’existence d’infrastructures de transfert et de stockage suffisamment performantes. Ainsi, le nombre de « mega data centers », qui permettent le stockage des données mondiales échangées, connaitront une forte croissance dans les années à venir. D’ici 2020 « prêt de 80% de la population adulte mondiale sera connectée à l’Internet et le nombre total de terminaux connectés représentera deux fois celui de la population totale en 2018 ».

Ainsi, l’Internet fait, désormais office de « système nerveux central » de « l’économie mondiale moderne ». Comme évoqué précédemment, son usage induit la circulation d’une très grande quantité de données, stockées dans des datacenters ou dans des serveurs cloud. La France en compte respectivement 153 et 23. La différence entre eux tient à leur capacité de calcul. Celle-ci sera plus élevée pour un data center que pour un serveur. Pour autant, ce type d’installation reste très gourmand en énergie, tant pour assurer son fonctionnement que son refroidissement. Sans compter que si l’énergie est très chère à transporter, ce n’est pas le cas des données (ou « data » en anglais). C’est ainsi que des initiatives, visant à recycler la chaleur dégagée par ce type d’infrastructures, ont pu voir le jour au fil de ces dernières années.

Une solution domotique innovante, gratuite et écologique…

Un exemple phare en la matière est sans doute celui du radiateur numérique Q.rad proposé par l’entreprise française Qarnot, fondée en 2010. Son nom est un hommage au physicien et ingénieur français Sadi Carnot, dont l’ouvrage, intitulé Réflexions sur la puissance motrice du feu, a permis de généraliser l’irréversibilité des phénomènes physiques, notamment lors des échanges thermiques, à l’informatique, c’est-à-dire aux ordinateurs…qui ne sont autres que des machines à calculer. Mais pourquoi la lettre Q vous direz-vous ? Tout simplement car cette lettre fait référence au symbole physique de la chaleur.

Depuis la primeur internationale présentée le 3 décembre 2012 dans les locaux du Conseil départemental de la Gironde, le radiateur numérique de cette entreprise innovante a quelque peu changé d’aspect. Le bois, cette matière dite noble, est venue agrémenter son design déjà très épuré. Un matériau renouvelable, au même titre que l’aluminium utilisé pour ses dissipateurs, permettant de diffuser une chaleur « douce », dans la pièce dans laquelle il se trouve.

Rebaptisé par la suite QH-1, il est le premier radiateur-ordinateur numérique de sa catégorie capable à la fois de chauffer une pièce et d’exécuter des calculs informatiques complexes grâce à ses microprocesseurs intégrés (ou CPU, pour « Control Processing Unit »), venus supplanter la classique résistance électrique. De ce fait, le QH-1 incarne donc la fusion d’un radiateur classique et d’un serveur informatique de haute performance.

La chaleur produite par l’intense activité de ces supercalculateurs est répartie de façon homogène, via ses dissipateurs noirs en aluminium, dans une pièce dont la surface est comprise entre 13 et 27 mètres carrés, d’un bâtiment respectueux des normes modernes d’isolation. De cette manière, il remplit les mêmes fonctions qu’un chauffage central en plus de permettre sa gratuité. C’est ce qu’expliquait Sigrid Monier, directrice de Gironde Habitat, le 5 novembre dernier, dans une interview au Parisien : chaque locataire n’a « plus qu’à tourner les boutons de leurs radiateurs pour se chauffer plus ou moins selon leurs envies. A la fin du mois, ils paient leurs loyers sans aucun frais d’électricité ».

Voilà une nouvelle façon de mettre à profit la chaleur émise par la « puissance informatique » qui s’inscrit, comme l’entreprise le dit elle-même, dans la philosophie dite du « computing everywhere », qui dénote l’omniprésence de l’informatique dans notre quotidien. Et, la puissance cumulée de ces radiateurs fait d’eux de véritables data centers décentralisés, dont les dissipateurs permettent de recycler la chaleur. Une manière intelligente de faire face au casse-tête de ce que l’on appelle la « chaleur fatale » pour Quentin Laurens, en charge des Relations publiques auprès de Qarnot. Généralement « perdue par les serveurs informatiques », elle constitue, en effet, « un déchet informatique ». Se faisant, le radiateur-ordinateur de la société Qarnot permet de réduire l’empreinte carbone des calculs informatiques « d’environ 70% ».

Pour fonctionner ces radiateurs doivent être connectés à Internet et bien évidemment être branchés sur une prise murale, pour garantir une puissance de calcul optimal. Ils doivent être reliés à la fois, au « réseau local Ethernet dédié », au moyen d’un câble Ethernet RJ45 (de catégorie 6 minimum), et à un appareil appelé Q.box, qui « doit être connectée à internet par un accès fibre optique dédié ». Située dans le local technique, elle permet ainsi de piloter les radiateurs tout en faisant office d’interface « avec l’accès internet en fibre optique ». En l’occurrence, leur utilisation sera donc très difficile si ce n’est impossible en zones blanches.

En revanche, il ne faut pas confondre ce radiateur-ordinateur avec une solution d’hébergement. En effet, comme le précise Eloïse Emptoz, responsable marketing et stratégie de l’entreprise, dans une interview réalisée par EcoGuide IT, le guide d’achat du high-tech durable, parue le 13 septembre 2018, les données ne sont pas stockées « sur le long terme ». La société Qarnot étant spécialisée « sur le calcul », le QH-1 incarne une infrastructure dite « bare-metal », généralement dédiée à la mise en place de projets web complexes sur une plateforme d’hébergement personnalisée. Autrement dit, un cloud « sur matériel nu » impliquant la location de ressources matérielles auprès d’un prestataire de service distant. Qui plus est les « données clients comportant des informations personnelles » ne sont pas traitées.

Leur capacité de calcul est commercialisée auprès de deux types de clientèle. D’une part « des entreprises ayant de grands besoins en puissance de calcul informatique, et des professionnels de l’immobilier » (telles que BNP Paribas mais également la Société Générale, Gironde Habitat Bordeaux ou encore la Régie immobilière de la ville de Paris) et d’autre part, « des laboratoires de recherche, des banques et des sociétés de graphisme », des industries ayant « de gros besoins en puissance informatique », à l’instar des studios de production, en charge de la production de films d’animation (comme par exemple la fondation Blender, SupaMonks, FabelFjord).

Côté immobilier, l’entreprise s’adresse généralement aux « bailleurs sociaux pour des résidences collectives » (bâtiments résidentiels), aux entreprises désireuses de s’investir dans une démarche écologique au sein de leurs locaux, mais également aux collectivités « pour les bâtiments publics ».

1 000 unités ont d’ores et déjà été vendues auprès de cette clientèle en Ile de France et à Bordeaux notamment, mais n’est pas encore commercialisé directement auprès du grand public.

…dédiée à la gestion intelligente du lieu de vie.

Ce radiateur d’un nouveau genre facilite la gestion intelligente des lieux de vie (logements sociaux et bureaux notamment) dans lesquels il est intégré. Contrôlable à distance via l’application web ou mobile Home by Qarnot, il offre à ses utilisateurs la capacité de réaliser des « économies d’énergie grâce à un accès en temps réel à leurs consommations d’eau et d’électricité ». Il fait donc partie de ces technologies domotique qui font d’un lieu, un espace connecté dont il est possible de piloter l’activité à distance.

L’application permet également de centraliser le pilotage à distance d’autres objets connectés tels que des ampoules intelligentes, des compteurs communicants et des interrupteurs par exemple. Grâce aux nombreux capteurs embarqués, il est possible de recevoir directement via l’application « des notifications sur le niveau de la qualité de l’air » et ainsi d’être prévenu si « une pièce a besoin d’air frais ».

Petit plus, mais non négligeable, une notification vous sera également transmise si le QH-1 détecte « une présence inconnue » dans la pièce, si le mode « sécurité » est activé. Enfin, ses utilisateurs pourront bénéficier d’une connexion Wi-Fi (bas débit) à proximité de ce dernier et même directement recharger leur téléphone simplement en le posant dessus, grâce « à la charge sans fil ».

Ses nombreux atouts font de ce radiateur-ordinateur une solution domotique des plus pertinentes au vu des attentes des professionnels comme des collectivités, et ce dernier pourrait même devenir l’équipement le plus high-tech de la maison.

Adeline M.

Partages