La fibre optique, à l’origine d’une nouvelle médiation culturelle dans les musées

La fibre optique, à l’origine d’une nouvelle médiation culturelle dans les musées

Publié le 31 octobre 2019

En moins de 20 ans, l’accès à internet a apporté beaucoup de changements dans nos vies. Bien ancré dans notre quotidien, le numérique est aujourd’hui présent au travail, lors de nos achats, pour accéder à un service et bien-entendu lorsque que nous nous divertissons. Penchons-nous sur ce que nous proposent les musées, nouveaux lieux connectés, qui souhaitent offrir de nouvelles expériences à leur public. Et si la fibre optique avait réellement bouleversé notre rapport à la culture ?

Si vous imaginez toujours les musées avec de longs couloirs ornés de tableaux poussiéreux, il est temps d’y remettre les pieds !
Depuis quelques années, le déploiement de la fibre dans les structures culturelles a permis à celles-ci de consommer davantage de données, de stocker, et surtout d’échanger avec les visiteurs.

L’une des premières initiatives mise en place n’est autre que la demande la plus récurrente des visiteurs : l’accès au Wi-fi. Pour un usage personnel mais également pédagogique puisque les visiteurs pourront plus facilement faire des recherches complémentaires ou partager leurs expériences.

L’avis de l’utilisateur est un élément crucial dans l’acquisition de nouveaux visiteurs ou spectateurs : plus de 80% des jeunes de moins de 25 ans partagent ou donnent leur avis après une sortie culturelle. Ces recommandations précieuses agissent comme une marque de confiance auprès des potentiels visiteurs, et dans la plupart des cas, favorisent leur venue dans les musées.

 

De nouveaux dispositifs interactifs

La grande majorité des collections appartenant aux musées sont aujourd’hui numérisées. Permettant un meilleur archivage, la base de données des œuvres sert également de recueil interactif auprès du public, sous forme de tablette tactile par exemple. Un moyen particulièrement apprécié des visiteurs dans les grands musées, souvent trop denses pour visiter chaque exposition. L’aperçu délivré par les archives numériques permet de choisir les œuvres à voir au cours de la visite et de consulter de manière rapide les autres expositions.

Les audioguides ont eux aussi subi une petite transformation. Terminé le casque fin relié par un fil au boîtier, place à l’audioguide PDA (assistant personnel) avec écran tactile et casque bluetooth. Ces nouveaux outils numériques sont même capables de déterminer les centres d’intérêt des visiteurs en fonctions du regard porté sur un objet et de la durée d’observation.

Si vous n’êtes toujours pas séduit par l’audioguide, vous pouvez toujours opter pour une visite en réalité augmentée. Le Château de Chambord par exemple, propose de replonger à l’époque de la Renaissance, grâce à une tablette tactile. Cet Histopad offre une expérience immersive dans huit salles différentes où il suffit au visiteur de scanner la pièce pour retrouver l’agencement et le mobilier au temps de François 1er. Pour les plus curieux, partez à la recherche des écus cachés dans les salles « Renaissance » avec à la clé une visite interactive de la Tour-Lanterne !

Les institutions culturelles véhiculent une volonté d’innover et surtout de créer un véritable partage avec les publics. Pourquoi ne pas directement interagir avec les œuvres ou leurs créateurs ?
C’est un projet sur lequel s’est penché le musée Salvador Dali en Floride qui a élaboré, à l’image du peintre, un outil des plus surréalistes. Une équipe de recherche a su créer une reconstitution de l’artiste retranscrite sur écran. Mais l’installation n’a rien d’un film ! L’artiste peint devant vous, se déplace dans le décor, vous adresse la parole…  S’il pleut l’artiste vous parlera du mauvais temps, et pourquoi pas, vous proposera de prendre une photo avec lui.
Comment cela fonctionne ? Il s’agit d’un acteur, et d’une intelligence artificielle qui a su reproduire le visage du peintre sous n’importe quel angle grâce à des images d’archives. Plutôt impressionnant !

 

Découvrir les œuvres autrement

Les musées l’ont bien compris, l’interaction plaît aux visiteurs et permet de fidéliser les habitués et de séduire les plus novices. C’est pourquoi les infrastructures ont choisi de développer des outils ludiques offrant de nouvelles clés de lecture pour découvrir et apprécier les œuvres.
Le Louvre fait partie des musées français les plus avant-gardistes sur le sujet et propose depuis quelques années maintenant des dispositifs numériques pour mettre en valeur ses expositions.

En collaboration avec Dai Nippon printing (DPN), le projet Louvre-DPN Museum Lab a développé trois types de dispositifs lors de l’exposition «chefs-d’œuvre du monde grec antique » en 2014. Tout d’abord, une carte animée introduisait la collection grâce à des repères géographique et chronologique.
Une table tactile a quant à elle été installée au centre de la collection. Interactive, elle détaille les dieux grecs et les éléments qui permettent de les identifier afin de les reconnaître au travers des objets exposés.
Enfin, le Cratère d’Antée, chef d’œuvre de la céramique grecque, a bénéficié d’une installation interactive pour lui seul. Positionnée sur son socle, la tablette tactile recense l’œuvre en 3D afin de mieux la comprendre et de découvrir tous ses secrets. Un usage ergonomique qui plaît, notamment pour sa facilité d’utilisation et pour son contenu riche en informations.

Le Museum Lab, a ainsi attiré près de 90 000 visiteurs sur un total de 10 expositions « interactives ».
À l’instar du Louvre, de plus en plus de musées, intègrent divers angles d’approches grâce au contenu multimédia. Un résultat rendu possible grâce au déploiement de la fibre optique, garantissant une bande passante suffisante, capable d’alimenter toutes les installations en simultané.

 

Une expérience immersive : plongez au cœur de l’œuvre

Si les dispositifs précédant ne vous ont toujours pas convaincu de vous rendre au musée, voici une dernière expérience pas tout à fait comme les autres.

Les expositions numériques immersives à l’Atelier des Lumières à Paris ou dans les Carrières de Lumières des Baux de Provence rompent totalement avec la visite classique d’un musée.
Le principe ? Une diversité d’expériences sensorielles grâce à une projection d’une collection sur les murs, le plafond et le sol, le tout porté par une musique en lien avec le thème choisi.

Loin d’être statiques, les projections interagissent avec le public en se déplaçant dans l’espace sur toute la surface du décor. Ce dispositif offre une expérience unique et immersive qui se rapproche davantage du divertissement. Un moment conciliant culture et plaisir qui implique un déploiement technique assez lourd. Chaque établissement est doté d’une salle de serveur, véritable cabine de pilotage, alimentée par plusieurs fibres optiques. En effet, ce ne sont pas moins de 140 projecteurs et 50 enceintes pour l’Atelier des Lumières où le spectateur totalement immergé voyage.

 

Grâce à la fibre optique, nous pouvons imaginer bien d’autres installations numériques dans le futur, pour rapprocher l’individu de l’art. Du temps où les Français boudaient la culture, on observe aujourd’hui une réelle médiation envers un public qui s’élargit. Loin de remplacer les œuvres, ces dispositifs interactifs accompagnent les œuvres et laisse au spectateur le droit à l’interprétation. Oui à la culture pour tous, grâce à une numérisation et une personnalisation des outils culturels : place à la curiosité et à l’imagination !

 

Charlotte B.

 

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