L’édition 2019 de BATIMAT portée sur le numérique

L’édition 2019 de BATIMAT portée sur le numérique

Publié le 7 novembre 2019

Batimat, le salon mondial du bâtiment se tient actuellement et jusqu’au 8 novembre au Parc des expositions Paris Nord Villepinte. Cette année, le thème de la biennale se concentre autour du numérique, et des changements qu’il insuffle aux différents métiers du BTP.

Réunissant près de 2 300 exposants, le salon est très attendu par les professionnels du métier. En France, la filière ne recense pas moins de 400 entreprises pour 1,5 million de salariés, et occupe ainsi une place de choix au sein de l’économie. L’évolution rapide des technologies, les normes et les nouveaux besoins des consommateurs obligent le secteur à être constamment flexible et innovant.

Le Plan Transition Numérique dans le Bâtiment, mené depuis 2015 par l’État français, accompagne les professionnels dans la digitalisation du métier. L’objectif est de moderniser la filière, en valorisant les collaborateurs, et en offrant des services qualitatifs à moindres coûts.
Contrairement à l’ADSL, la fibre optique dispose d’une bande passante suffisante pour abriter ces nouveaux dispositifs. Elle a donc un rôle important à jouer pour bâtir les habitations de demain.

Si le numérique occupera la première place au sein du salon, il sera suivi de près par l’écologie, entre respect de l’environnement et performance énergétique.
Au programme, plusieurs conférences et témoignages seront donnés, sans oublier les démonstrations, et les « Awards de l’Innovation » qui seront attribués aux entreprises les plus innovantes.

 

 

Optimiser le chantier et sa productivité

Le digital a la capacité de répondre aux différents enjeux que nous venons d’énoncer.
Le BIM, figure parmi l’une de ces nombreuses transformations. Employé depuis près de 10 ans, le Building Information Modeling (modélisation des données du bâtiment) est considéré comme une petite révolution de la filière construction. Semblable à une maquette numérique 3D, le BIM contient des données intelligentes qui, au travers d’analyses et de calculs poussés, permettent de détecter d’éventuelles anomalies, et de respecter les normes et le budget établi. Un outil avantageux qui a aussi ses inconvénients puisque les logiciels nécessaires au fonctionnement du BIM sont très coûteux. Par ailleurs, il n’existe que très peu de formations pour apprendre à l’utiliser, même si de plus en plus de centres de formations s’intéressent à cette technologie.

Tout comme le BIM, de nombreux outils sont développés afin de partager les informations et d’anticiper les erreurs. PlanGrip est une startup qui propose des logiciels accessibles depuis smartphone et tablette, afin de partager les plans à jour à l’ensemble des collaborateurs. Grâce à une mise à jour instantanée, les ouvriers sont certains d’obtenir la bonne version du plan, afin d’empêcher les erreurs dans la construction ou la rénovation du bâtiment.

Vous l’aurez compris, la gestion globale du chantier tend à se digitaliser. L’union fait la force dans le secteur du bâtiment, qui privilégie les outils collaboratifs pour déterminer l’avancée des projets. Chaque élément (budget, ressources humaines…) est renseigné avec précision, et facilite le contrôle qualité en aval.

 

 

Diminuer les coûts

L’imprimante 3D est l’une des grandes innovations des dernières années. Si au premier abord elle peut paraître coûteuse, elle est pourtant l’un des moyens les plus favorables au développement pour faire des économies.

Installée directement sur le chantier, l’imprimante ne nécessite ni transport, ni stockage. Elle permet d’imprimer toutes les pièces directement sur le chantier, et en temps voulu. Les retards sont évités, tandis que la réactivité est améliorée et les coûts réduits.
En 2017, la startup Apis Cor a construit une maison par impression 3D à Nantes, pour la somme de 10 000€.
Serait-ce le futur du bâtiment ? Pour le moment cette méthode reste très expérimentale, et le digital ne compte pas remplacer les ressources humaines. Bien au contraire, démocratisé grâce à la fibre, le numérique accompagne les différents acteurs dans la réalisation des nouveaux objectifs du BTP.

 

 

Limiter les accidents du travail, grâce à des dispositifs innovants

Métier le plus à risque selon la CNAMTAS (Caisse Nationale de l’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés), le BTP ne comptait pas moins de 92 000 accidents liés au travail en 2015, dont près de 200 mortels. Malgré le changement draconien des mesures de sécurité au travail, les entreprises continuent de se mobiliser afin de limiter les dangers, et de prévenir des risques d’accident. Partie intégrante de la responsabilité sociétale de l’entreprise, certaines normes comme la ISO 45 001 sont exigées par les clients. Parmi les solutions technologiques déployées, le drone analyse l’ensemble du chantier dans le but d’évaluer les risques, et les dommages en cas de sinistre.

Tout comme les drones, les casques à réalité virtuelle peuvent eux aussi prévenir des dangers. Initiés par Daqri et Intel, ils sont semblables à des casques classiques auxquels viennent s’ajouter des capteurs qui préviennent l’ouvrier des chutes d’objets. Ils assurent également la détection des fuites, circuits défectueux, perdition de chaleur et se chargent de la transmission des données collectées. D’autres fonctionnalités sont intégrées dans ces casques, bien que leur coût d’acquisition soit 30 fois plus élevé qu’un casque classique. Une solution qui ne reste pour l’instant envisageable que pour les chantiers à très haut risque.

 

 

L’environnement, nouvel enjeu de taille

Si l’ensemble de ces thèmes est abordé au cours du salon Batimat, le sujet le plus attendu n’est autre que l’environnement. Le logement (hors étape de construction) est le premier consommateur d’énergie en France (44% de la part totale), devant le transport et l’industrie. En parallèle, les individus sont de plus en plus soucieux de la préservation de la planète, et exigent désormais des logements à haute performance énergétique, l’emploi de matériaux plus sains, etc.

De nombreux influenceurs du « bâtiment » comme L’Atelier Franchement Comtois ont été conviés à débattre de l’écologie au sein du bâtiment. Si les matières locales (bois, pierre…) et naturelles (panneau de liège, paille…) sont devenues incontournables, le numérique a lui aussi sa place dans le logement du futur.

Plusieurs entreprises ont fait le pari de la domotique pour séduire les nouveaux acheteurs. La startup Smarthab est l’une d’entre elles, spécialiste des capteurs intégrés aux murs, dont la mission est de réduire le chauffage en fonction de la présence dans la pièce.
Aujourd’hui, il est possible de piloter l’ensemble des appareils électriques depuis son smartphone, et de suivre sa consommation énergétique en direct et de l’adapter à son mode de vie. Jusqu’à 12% d’économies sont réalisables sur votre facture énergétique, soit une centaine d’euros par an.

Une fois de plus, le Très Haut Débit a toute son importance, car sans celui-ci les échanges d’informations ne peuvent être fluides, et le bon fonctionnement des appareils ne peut être assuré.

 

De la phase de construction à l’habitation, le numérique est l’avenir du bâtiment. Le digital est d’ores et déjà devenu indispensable dans la gestion des chantiers, en matière de productivité, de réduction des coûts et de sécurité pour les ouvriers. Les habitudes de consommation des acheteurs et locataires ont-elles aussi changé : friands d’objets connectés, leur regard est aussi porté sur l’environnement et les performances énergétiques des bâtiments. Plus agile grâce à la fibre optique, le BTP de demain commence dès aujourd’hui.

 

 

 

Charlotte B.