L’expérience sensorielle au cœur du digital de demain

L’expérience sensorielle au cœur du digital de demain

Publié le 24 mars 2020

Notre façon d’appréhender le digital pourrait bientôt ne plus être la même d’ici quelques années. En proposant des technologies de plus en plus innovantes, le numérique est sur le point de stimuler tous nos sens.

Comment imaginez-vous internet en 2030 ? C’est la question que pose ConsumerLab aux individus, un institut d’études dont l’objet est d’anticiper les nouveaux usages d’internet. Pour l’ensemble des répondants, le virtuel et le réel se confondront pour donner lieu à des technologies sensorielles uniques. La vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher : chacun des 5 sens sera sollicité !

Avec la transition digitale, de multiples outils ont déjà été intégrés par les entreprises ou dans notre quotidien. Si on prend l’exemple de la réalité virtuelle, de nombreux secteurs d’activité trouvent le concept séduisant (visite d’appartement, jeux vidéo…) et particulièrement efficace pour former de futurs salariés (santé, métiers du bâtiment…).

La fibre optique contribue à l’essor de ces solutions en leur permettant un échange massif de données en instantané. Particulièrement gourmands en bande passante, ces nouveaux usages requièrent une technologie de pointe, sans quoi leur fonctionnement ne serait pas assuré. La fibre offre ainsi une base fiable pour la recherche et le développement des outils de demain.

 

L’hologramme comme futur support visuel

La vue semble être le sens le plus présent dans l’innovation digitale. Chaque jour, nous voyons défiler sur nos écrans, illustrations, photos, vidéos, ou même des univers 3D dans lesquels nous pouvons interagir.

Nous possédons déjà la capacité de numériser ce que nous voyons et cherchons sans cesse à rendre ce contenu plus réel. Les ultra hautes définitions comme la 4K, ou les casques de réalité virtuelle nous offrent une nouvelle façon de percevoir notre environnement.

Grâce aux hologrammes, il est désormais possible de s’affranchir d’écran et de casque, pour observer l’objet en trois dimensions, comme s’il était réel.

De nombreux évènements y ont déjà eu recours aux hologrammes, comme par exemple le Whitney Houston Hologram Tour 2020. Malheureusement décédée en 2012, la chanteuse n’a pourtant rien perdu de son succès.
Base Hologram, la société américaine mobilisée pour le spectacle dispose d’une technologie très avancée. Contrairement à d’autres concerts en projection 2D (comme celui de Tupac en 2012), l’hologramme est cette fois-ci construit à partir d’une doublure réelle et d’effet spéciaux.

La doublure est filmée en off et permet à la prestation d’être interactive et libre de mouvement (danse, déplacements…). Le visage de Whitney Houston est quant à lui reconstitué grâce aux effets spéciaux et projeté sur la doublure. L’image filmée et partiellement reconstituée est ensuite projetée sur un écran à laser numérique pour une visualisation 3D totale par le public. Ce procédé a l’avantage de rendre le spectacle très immersif, car l’hologramme peut tout à fait interagir avec le public.

 

Des écouteurs qui réduisent les nuisances sonores

L’ouïe est également l’un des sens les plus sollicités par le digital. 1982 fut l’année de la première numérisation de la musique :  la Symphonie alpestre de Richard Strauss venait d’être gravée sur CD. Il était alors possible pour un ordinateur de traiter une information auditive.

Aujourd’hui, la plupart des individus ont abandonné leur CD pour la musique dématérialisée. Celle-ci connait un véritable essor, notamment avec les plateformes de streaming comme Youtube, Deezer ou Spotify !

Et si les technologies de demain se penchaient plutôt sur le silence ? C’est ce que propose Orosound, une start-up qui conçoit des écouteurs limitant les nuisances sonores autour de soi.
Des capteurs intelligents analysent l’environnement en temps réel puis les écouteurs renvoient une onde par opposition, ce qui va créer un silence. Le bruit environnant peut ainsi être réduit jusqu’à 30 décibels.

Ces outils répondent aux besoins des salariés en open space, souvent gênés par un environnement bruyant. Particulièrement adaptés au secteur du travail, les écouteurs n’éliminent que les bruits ambiants et laisse les voix totalement audibles. Disposant de fonctionnalités connectées, ces appareils permettent d’accéder à la commande vocale (Google assistant et Siri) en étant liés au smartphone. Il est également possible d’écouter de la musique et de passer des appels téléphoniques.

Ces écouteurs connectés sont brevetés et déjà adoptés par de nombreuses entreprises telles que La Poste, le Futuroscope ou encore Total.

 

Un nez artificiel pour capter les meilleurs parfums

Hendrik Hamann, directeur de recherches chez IBM en est convaincu : « Dans cinq ans, les ordinateurs auront le sens de l’odorat ». La société de service informatique prévoit l’ascension de technologies olfactives dans notre quotidien.

Si ces innovations sont encore inconnues des consommateurs, les professionnels en sont eux déjà friands. Aryballe est une start-up grenobloise qui a mis au point NeOse, un appareil doté de capteurs olfactifs.

L’outil mesure et numérise les odeurs grâce à ses nanocapteurs qui imitent les récepteurs humains. Il recense une base de données d’odeurs sous forme de molécules de gaz, lui permettant de comparer les parfums et d’en deviner leur composition.
Le marché du luxe est particulièrement intéressé par ce type d’outil, capable de mesurer la qualité des parfums. Quant au secteur de l’agroalimentaire, le but est davantage d’imiter ou de créer de nouveaux arômes !

 

De nouvelles saveurs crées par une langue digitale

Le goût semble être le plus grand défi du digital ! En effet, la dégustation paraît difficilement numérisable, voir quasiment impossible.

Si vous rêvez de déguster ce qui se trouve sur vos écrans, sachez que ce n’est pas encore réalisable ! En revanche, les machines elles, sont déjà capable de goûter !

L’entreprise Alpha Mos a mis au point une langue électronique nommée Astre. Tout comme NeOse, la langue artificielle analyse le goût des aliments. Le but est une fois encore de capter les molécules gustatives pour les enregistrer et les appliquer dans la création de nouveaux produits alimentaires.
Les industriels peuvent s’en servir pour copier des saveurs existantes, ou au contraire détecter des goûts désagréables pour les masquer : dans les produits laitiers par exemple, de nombreuses substances actives peuvent diffuser des saveurs particulières.

 

La réalité augmentée, jusqu’au bout des doigts

Plusieurs sociétés travaillent sur les sensations durant l’immersion virtuelle (casque de réalité virtuelle, vidéo en réalité augmentée…). Si la vue et l’ouïe sont facilement stimulées, le touché demeure encore en phase expérimentale.

Go Touch VR a mis au point un accessoire qui permet de ressentir les objets « touchés » virtuellement. La start-up lilloise a imaginé des petits boitiers à placer sur le bout des doigts, qui pour imiter le toucher, exercent une légère pression. L’utilisateur a ainsi la sensation de tenir un objet ou de le sentir entre ses mains.

En proposant des solutions haptiques aux entreprises, Go Touch VR entend bien modifier une maquette de produit, en objet à la portée du réel. Pour le consommateur, il s’agirait d’améliorer son expérience d’achat en réalité augmentée en lui permettant de toucher les matières ou et les courbes du produit.

 

Même si ces technologies sont encore expérimentales, les sens sont l’avenir du numérique. À la recherche du réel, les consommateurs et entreprises souhaitent chacun voir émerger de nouvelles technologies innovantes. Grâce à la fibre optique, les outils que nous imaginons deviennent réels : la lumière possède l’avantage de faire circuler de grandes quantités de données, sans atténuation de débit. Parmi ces flux d’informations, on retrouve les algorithmes puissants parvenant à identifier et imiter nos sens.

Bien que son but s’articule autour d’une expérience unique, le digital sensoriel pourrait aussi faire progresser la santé, en permettant par exemple à des patients de retrouver leurs sens.

 

Charlotte B.