Télétravail : avec le confinement, risque-t-on de saturer le réseau ?

Télétravail : avec le confinement, risque-t-on de saturer le réseau ?

Publié le 26 mars 2020

Suite au confinement du pays, les réseaux de télécommunication sont plus que jamais sollicités. Peut-on craindre une saturation des lignes ?

Depuis le début du confinement, le réseau internet est sous surveillance. Avec une majorité de français en télétravail et la croissance du divertissement en ligne, le trafic sur le web bat son plein.

Va-t-on assister à un blackout ? Normalement non. La Fédération Française des Télécommunications se veut rassurante : des milliers d’ingénieurs et de techniciens sont mobilisés pour adapter le débit face à cette utilisation massive d’internet.

En décembre dernier, lors de la longue période de grève SNCF, de nombreuses personnes se trouvaient dans l’incapacité d’accéder à leurs bureaux. Seule solution, le télétravail : environ 34% des personnes en Île-de-France, selon une étude CSA. Une occasion qui a permis aux acteurs de la télécommunication de se préparer en s’interrogeant sur les capacités du réseau et les éventuels risques de bug.

 

Les opérateurs se veulent rassurants

Cela fait maintenant plus d’une semaine que le réseau connaît un fort trafic, mais aucun problème technique n’a été relevé pour le moment. « Nos réseaux télécoms sont calibrés pour supporter le surcroît de trafic actuel » selon Jean-Luc Lemmens, responsable de l’activité télécom à l’IDATE (Institut de l’audiovisuel et des télécommunications en Europe).

Les demandes liées au télétravail engendrent peu de risques pour le réseau. Les messageries et plateformes de travail collaboratif ne sont pas les plus gourmandes en données.
Exceptées quelques zones blanches, l’ensemble de la France possède un débit suffisant pour accéder aux outils de télétravail, même en période de forte affluence.

Appuyées par le Plan France très Haut débit, ces zones blanches font d’ailleurs l’objet d’une priorité pour être raccordées à la fibre optique. En application depuis 2013, cette mesure à l’initiative de l’Etat et des collectivités a pour but de desservir tout le territoire en Très Haut Débit. Il s’agit d’assurer une connexion internet de qualité et développer de nouveaux usages (télémédecine, domotique…). Aujourd’hui, ce sont près de 16,7 millions de foyers qui sont déjà éligibles à la fibre optique, soit près d’un foyer sur deux.

Suiviez le raccordement fibre près de chez vous, ici

 

 Le divertissement consomme beaucoup

Si le télétravail n’entraine pas de complications sur les lignes, d’autres usages pratiqués de manière intensive suscitent davantage d’inquiétude. Il s’agit par exemple des plateformes de streaming (Netflix, Youtube…) ou des jeux vidéo en ligne, très gourmands en bande passante.

Pas d’inquiétude pour les foyers bénéficiaires de la fibre optique, où le débit est jusqu’à 100 fois supérieur à celui de l’ADSL. Pour les autres usagers en revanche, il y a un risque de goulot d’étranglement : l’utilisation massive de la connexion par tous les membres de la famille entraine un flux trop important de données par rapport à la capacité du réseau. Cela provoque dans certains cas un ralentissement de la connexion.

En conséquence, peut-on limiter l’accès de certaines plateformes au profit du télétravail ? En théorie non, car les opérateurs doivent respecter le principe de neutralité du net.

Néanmoins, la Commission européenne a demandé aux plateformes de streaming de diminuer la qualité du flux vidéo. Une requête que Netflix et Youtube ont accepté pour éviter les risques de saturation. Netflix représente environ 20% du trafic internet français, c’est pourquoi cette décision joue un rôle très important dans le bon fonctionnement du réseau. Que les consommateurs de série se rassurent, la qualité vidéo sera toujours au rendez-vous !

 

 

Des solutions pour optimiser les réseaux de télécommunication

Fermés depuis le 16 mars, les établissements scolaires français tentent eux aussi de maintenir des cours à distance. Quelques ralentissements se sont fait sentir aux niveaux des Environnements Numériques de Travail (ENT), qui devaient assurer le lien avec les collégiens, lycéens et professeurs. En raison du trafic trop élevé, le corps enseignant a dû se rabattre sur des moyens de substitutions.
Les plateformes de visioconférence comme Skype ou Teams ou encore les messageries telles que Whatsapp et Messenger remplacent les outils scolaires. Très populaires chez les jeunes, ces applications sont parfaitement apprivoisées par les élèves et professeurs.

D’autres solutions existent pour optimiser la connexion durant le télétravail. L’ARCEP (L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) a dévoilé une liste de conseils pour les usagers rencontrant des difficultés :
voir la liste

Pour les autres utilisateurs, il est conseillé de ne pas se rabattre sur les réseaux 4G pour éviter de saturer les antennes réseau aux capacités limitées. Il est préférable d’utiliser wifi à la maison.

 

La France connait actuellement une situation exceptionnelle où les lignes de télécommunication sont très sollicitées. Le réseau étant préparé et constamment optimisé, il est très peu probable d’assister à une panne ou a de grandes difficultés techniques. La fibre optique, offre le meilleur compromis aux foyers en permettant différents usages en simultanés, sans perte de signal.
Néanmoins, l’ensemble des acteurs se mobilise pour assurer une priorité aux télétravailleurs et aux services d’urgence comme la santé ou l’ordre publique.

 

Charlotte B.