Le numérique pour réduire le gaspillage alimentaire

Le numérique pour réduire le gaspillage alimentaire

Publié le 12 avril 2021

En France, près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable partent à la poubelle chaque année. Un chiffre bien trop important, d’autant plus que la pandémie a aggravé la faim chez les plus modestes. Alors comment faire pour ne plus jeter et, au contraire, acheter malin et revaloriser les surplus ?

820 millions de personnes dans le monde n’ont pas accès à la nourriture dont elles ont besoin. Un constat alarmant, loin de ne toucher que les pays les plus pauvres. En France, les files d’attente devant les banques alimentaires se prolongent d’année en année. Mais pour donner plus, il faut d’abord optimiser les ressources et mieux les distribuer

De ce fait, la promulgation de la loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire de 2016 est une première ! En suivant les préconisations de l’ONU, l’Hexagone souhaite devenir l’exemple à suivre.

Plus que jamais, nous devons lutter contre ce fléau économique, social et environnemental. Nous sommes tous concernés par le gaspillage alimentaire ! Associations, professionnels ou particuliers, le numérique offre, aujourd’hui, une multitude d’outils pour améliorer nos habitudes et créer un cercle vertueux.

 

Améliorer la gestion des denrées alimentaires

La lutte contre le gaspillage débute à la sélection des produits ! Mais, pour les professionnels, comment acheter et consommer les bonnes quantités ?

C’est la question que s’est posée la Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat de Nouvelle-Aquitaine, afin de venir en aide aux commerçants et artisans locaux. Il s’agit de limiter leurs pertes alimentaires grâce à un autodiagnostic sous forme de questionnaire en ligne. A la fin de celui-ci, les professionnels ont accès à un guide de bonnes pratiques pour améliorer leur gestion, et ainsi éviter de jeter. Si nécessaire, ils ont aussi la possibilité d’avoir un suivi personnalisé.

“On parle de toutes les étapes de fabrication : ça va du fait de refuser une offre alléchante de commande en grosse quantité si on n’en a pas besoin, à entretenir les frigos pour éviter de couper la chaîne du froid et donc de jeter” explique Laurence Picaud, la chargée de mission, à France Bleu Poitiers.

Par ailleurs, de nombreux outils ont fait leur apparition pour aider les professionnels à revoir leur fonctionnement. Située à La Roche-sur-Yon, l’entreprise Easilys a mis au point un logiciel de gestion des ressources à destination des métiers de la restauration collective et commerciale. Grâce à cette plateforme en ligne, restaurants, boulangeries, EHPAD, cantines scolaires et bien d’autres, ont l’opportunité d’améliorer leur gestion et de réduire le gaspillage alimentaire

Aujourd’hui, la démocratisation du numérique offre la possibilité à tous les professionnels d’avoir recours à des solutions connectées. Lié au déploiement avancé de la fibre optique sur tout le territoire, le Très Haut Débit permet d’assurer le suivi précis de multiples éléments : approvisionnement, stocks, production mais aussi toutes les denrées jetées. Une vision à 360°, de façon à mettre en évidence les points à corriger. De ce fait, les professionnels peuvent revoir à la baisse les quantités de nourriture achetées ou préparées, et ainsi limiter les pertes.

 

 

Identifier les denrées périssables

L’une des principales causes du gaspillage alimentaire est liée à la péremption des aliments. Cette problématique, Smartway (anciennement Zéro-Gâchis) en fait son combat ! L’entreprise nantaise vient en aide aux grandes surfaces et aux consommateurs à travers plusieurs outils numériques.

Pour le secteur de la distribution, Smartway a mis au point “le premier Food Waste Management System (FWMS)” qui se calque sur le fonctionnement propre de chaque enseigne. La solution digitale repère tout d’abord les produits proches d’être périmés. Par la suite, elle offre plusieurs solutions, comme le don à une association ou l’étiquetage avec une remise pertinente. De plus, ce système a l’avantage d’organiser l’impression des étiquettes ou de rassembler les formalités administratives pour les dons. Un précieux gain de temps qui encourage les grandes surfaces à devenir plus responsables.

Cette solution a déjà permis de réduire de 80% le gaspillage ! Pour les 400 magasins ayant souscrit à ce service, c’est 56 846 tonnes de produits frais sauvées ! Par ailleurs, les enseignes enregistrent en moyenne une augmentation de 51% de leur résultat net. Un bénéfice économique et écologique !

 

Revaloriser les surplus et invendus

Que faire des invendus ou des surplus ? Smartway s’est aussi penchée sur la question. Pour ce faire, elle a mis au point une application à destination des particuliers. Simple d’utilisation, elle répertorie les grandes surfaces qui proposent des rabais sur les articles proches de leur date de péremption. La plateforme propose la géolocalisation afin de trouver facilement le magasin le plus proche de chez soi ! Le petit plus ? L’outil connecté est ultraprécis, ce qui permet de connaître les promotions en temps réel !

Too Good To Go s’appuie sur un principe similaire. L’application recense les boutiques autour de soi qui disposent de surplus : boucheries, boulangeries, restaurants, supermarchés, etc. Les clients peuvent alors récupérer un panier « surprise », qui varie selon les jours, souvent trois fois moins cher qu’en règle générale. Une initiative qui mêle antigaspi et plaisirs à petits prix !

La start-up Phenix, quant à elle, se concentre à la fois sur la vente à prix réduit et les dons. Ces derniers concernent aussi bien le contenu de notre réfrigérateur que la nourriture animale. En effet, certains invendus ou restes qui ne sont plus consommables par l’homme peuvent encore être utilisés dans les fermes ou parcs animaliers. Une idée innovante qui prouve que chaque geste compte !

Mené par Google, le projet Delta se concentre sur l’automatisation de la redistribution alimentaire grâce à la standardisation des données, ainsi que l’analyse des déchets par vision par ordinateur et par apprentissage automatique (machine learning). Des technologies de pointe où la fibre se révèle indispensable tant sur la fiabilité que la puissance. Si pour le moment il s’agit toujours d’une phase de test, les outils comme ceux de Delta pourraient bien faire reculer la faim dans le monde et rendre nos comportements plus responsables.

 

Les initiatives anti-gaspillage sont de plus en plus nombreuses ! À l’aide du numérique, chacun peut désormais prendre conscience de sa consommation et des petits gestes qui évitent de jeter. Des achats à la revalorisation, la fibre optique continue de nous faire entrevoir les outils de demain.

 

 

Charlotte B.

 

 

 

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