Le numérique donne l’impulsion à de nouvelles pratiques responsables

Le numérique donne l’impulsion à de nouvelles pratiques responsables

Publié le 21 juillet 2020

La préservation de l’environnement est au cœur des préoccupations des Français. Les nombreux articles de presse et émissions médiatiques viennent confirmer que l’écologie est un véritable sujet de fond, bien au-delà d’une tendance éphémère. Bien que critiqué pour son impact sur la planète, le numérique peut-il, au contraire, être au service du développement durable ?

Ces dernières années, le numérique est soumis à de nombreuses critiques pour ses importantes émissions de gaz à effet de serre, sa consommation de ressources et d’autres pollutions diverses : une empreinte environnementale qui, en réalité, est à nuancer.

Le digital n’est pas intrinsèquement bon ou mauvais pour l’environnement. Il est incontestable que son empreinte environnementale est réelle, mais il serait incorrect de considérer le numérique comme le secteur le plus polluant.

À l’instar de toute activité économique, le numérique engendre des effets sur l’environnement ; mais à quel point ?
De nombreuses études se penchent sur la question, mais il est encore difficile de mesurer son impact réel. L’analyse de l’empreinte environnementale du numérique repose sur plusieurs critères comme les matières premières, le transport, les différents usages ou encore la durée de vie du produit. En ce sens, la variabilité des facteurs d’un utilisateur ou d’un produit à un autre empêche un résultat précis. On estimerait toutefois l’impact des émissions de CO2 du numérique à 4% par rapport à l’ensemble des secteurs d’activité en France.

Aujourd’hui, le numérique fait partie intégrante de notre société. Nécessaire à la majorité des particuliers et professionnels, le digital est également vecteur de progrès. Ce sont d’ailleurs via ces innovations que les scientifiques améliorent d’ores et déjà notre consommation de manière générale et limitent l’émission de CO2 et d’autres polluants.

Le numérique doit être utilisé à bon escient afin de trouver de nouvelles solutions et permettre de réduire drastiquement notre impact sur la planète dans le domaine des nouvelles technologies et en dehors.

 

La data, source d’innovation

Depuis plusieurs années, le digital ne cesse de repousser les limites du possible. Intelligence artificielle, technologie sensorielle, imagerie médicale… Et pourquoi pas la lutte contre le réchauffement climatique ?

Internet donne accès à une infinité d’informations. Ces données, aussi appelées « data », sont constamment échangées pour permettre l’afflux de connaissances et donc l’émergence de nouvelles solutions. Grâce aux infrastructures de pointe telles que la fibre optique, les informations sont accessibles plus rapidement et en plus grande quantité. Par ailleurs, dans le cadre d’observation spatiale, la technologie fibre a déjà montré son importance dans la lutte contre le réchauffement climatique à travers le laser fibré.

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Si le numérique permet de rassembler des informations essentielles pour lutter contre le réchauffement climatique, il est également un outil de communication précieux et de collaboration entre les individus. Le Climate CoLab lancé par Laur Fisher et le MIT (Institut de technologie du Massachusetts) est l’une de ces initiatives collectives qui a pour but de faire émerger de nouvelles idées pour lutter contre le réchauffement climatique. La plateforme de discussion regroupe près de 50 000 contributeurs qui travaillent activement ensemble. Cet outil a permis de réaliser le projet SunSaluter, un dispositif à très faible coût améliorant de 30% l’efficacité des panneaux solaires et leur permettant de s’incliner selon la position du soleil.

C’est également sur la base du partage d’information et de l’évaluation de notre environnement que les SMART City ont pu voir le jour. Ces villes intelligentes utilisent les nouvelles technologies pour améliorer la qualité des services urbains mais également optimiser les moyens déployés. Pour le moment, ces villes sont encore en phase d’expérimentation, mais certaines collectivités comme la métropole du Grand Lyon, ont déjà pu constater des effets visibles. Elle utilise, en effet, les données énergétiques et territoriales pour mettre en place une transition énergétique locale. « [Ces données permettent] de travailler avec les industriels pour favoriser les économies d’énergie ou de repérer les bâtiments les plus énergivores pour orienter l’éco-rénovation » confie le directeur de mission énergie du Grand Lyon.

Les SMART City sont aussi représentées par des plus petites communes comme le démontre Saint-Sulpice, un village de 1500 habitants. Le projet d’un Smart Grid (réseau électrique intelligent) a permis de réaliser près de 20% d’économie d’énergie sur l’ensemble de la commune. Une nouvelle fois, la fibre optique se révèle indispensable pour mettre en place des systèmes intelligents capables d’optimiser les besoins des habitants. Grâce au déploiement du Très Haut Débit dans toute la France, ce type de projet pourra également voir le jour dans les zones rurales.

 

Le numérique pour mieux gérer nos ressources

De manière générale, les nouveaux usages du numérique offrent la possibilité de s’informer, de comprendre et d’optimiser nos ressources. De quoi améliorer notre quotidien à tous, à commencer par les professionnels.

L’agriculture est l’un des secteurs qui se sont rapidement emparés des outils digitaux pour faire évoluer les métiers. Les agriculteurs se doivent de maintenir leur productivité malgré de nombreuses contraintes comme les intempéries, les épidémies, la fluctuation du marché, etc. Au travers de sondes, drones et d’applications connectées, le numérique leur permet avant tout de mesurer avec précision les besoins de leur exploitation, afin d’agir plus rapidement et de développer une certaine flexibilité. Avec 20% des émissions de CO2 en France, l’agriculture souhaite optimiser chaque utilisation d’engins agricoles et de matériel, les recours aux intrants, ou encore la consommation énergétique des bâtiments. Des actions bénéfiques à la fois pour l’environnement mais également pour les revenus des agriculteurs.

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Les domaines de l’alimentation et de la restauration profitent eux aussi de nouveaux outils numériques pour limiter le gaspillage. Les circuits courts sont plus souvent connus et privilégiés via des sites internet ou plateformes coopératives. Les Français montrent d’ailleurs un intérêt croissant pour l’alimentation locale et moins transformées. L’émergence d’applications comme TooGoodToGo permet quant à elle de limiter les pertes en offrant à moindre coût les surplus d’invendus.

Enfin, les restaurateurs sont de plus en plus nombreux à travailler avec des logiciels de gestion des stocks, afin d’évaluer le plus précisément possible les besoins de leurs clients. Ainsi, ils ont la possibilité de réduire leurs achats et donc de limiter le gaspillage.

Les connaissances accumulées par les systèmes numériques ont donné naissance à de nombreuses alternatives de consommation comme par exemple les objets ou vêtements d’occasion, le covoiturage ou encore le télétravail. En moins de 10 ans, les clients ayant recours à la mode d’occasion sont passés de 15% à 39% en France. Pour les sites de petites annonces comme LeBonCoin, le marché de l’occasion ne semble pas prêt de s’arrêter de grandir. “Le réchauffement climatique est dans tous les esprits. Tout ce qui existe et a été produit va devenir notre future matière première. Je suis persuadé que le marché de l’occasion, dans de nombreux domaines, va dépasser celui du neuf. » confie Antoine Jouteau, patron de LeBonCoin.

On constate également une évolution au niveau de nos déplacements. La crise du Covid19 fut révélatrice des bienfaits du télétravail. Malgré une chute de la pratique lors du déconfinement, celle-ci reste néanmoins très démocratisée et de nombreuses entreprises ont fait le choix d’y avoir recours plus souvent. Le covoiturage et l’éco-partage viennent accompagner les nombreux dispositifs qui visent à limiter nos déplacements, et donc l’émission de CO2.

 

Tout comme l’ensemble des activités humaines, le numérique est à l’origine d’effets sur la planète. Il reste cependant très important de nuancer ce propos, à savoir que les nouvelles technologies sont aussi vectrices de comportements responsables. La transition numérique, assurée par le déploiement de la fibre optique, permet de collecter, d’analyser et de mettre en commun les données nécessaires à la création d’alternatives plus vertes. L’ensemble de ces nouveaux usages peuvent se traduire par la réduction énergétique, l’agriculture optimisée, la consommation responsable et anti-gaspillage, le télétravail…
La convergence du numérique et de l’écologie doit être l’une de nos priorités. Le digital d’aujourd’hui est partout, et dès demain, de nouveaux usages seront à découvrir et parviendront à faire évoluer nos comportements, plus respectueux de la planète.

 

 

Charlotte B.

 

 

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